Au hasard ?

Les personnes questionnées sont choisies au hasard des rencontres (magasins, bars, rues, salle de sport, lieux de vacances, etc.). Quelques interviewé-e-s m’ont dit : « Je connais Truc, je lui parle de toi, tu devrais le questionner, ses tatouages sont très beaux. » Mais ce genre de possibilité de ne fonctionne jamais et Truc ne prend jamais contact.

Une question de confiance

Il faut un échange verbal direct (de visu) pour qu’une confiance s’instaure.

L’interview

L’enquête se présente sous forme d’un court* entretien semi-directif (la personne questionnée peut développer). Mes interlocuteurs sont informés que ces entretiens seront publiés sur mon site tatouage-tattoo.fr (site que j’ai conçu, réalisé et écrit de A à Z), de manière anonymée ou non (c’est la personne qui décide). Les tatouages sont pris en photo. Certaines personnes m’envoient en plus des photos personnelles de leurs tattoos. Quand l’interview est en ligne, j’en informe la personne questionnée. Celle-ci me dit ce qu’elle en pense et je modifie si nécessaire.

*(de 20 à 30 mn en général, voire plus si les tatouages sont nombreux, si la personne a le temps et l’envie de raconter)

La plupart des personnes rencontrées, essentiellement les femmes participent volontiers à l’enquête. Les hommes sont souvent réticents (pas le temps, pas l’intérêt, pas envie de montrer, pas envie d’être copiés*…) voire hostile à l’enquête.

*souvent ceux qui disent cela ont eux-mêmes copié leur tatouage, je l’ai vérifié plusieurs fois.

Etonnamment  les femmes se sentent plus libres de raconter.
Les personnes qui ont accepté pouvaient -évidemment- ne pas tout dire et garder leur(s) secret(s), s’il y en avait. La plupart m’ont dit « je n’ai rien à cacher ».
Néanmoins j’ai choisi (avec leur accord) de ne pas tout écrire, certaines informations relevant strictement de l’intime.

Raconter…

Qui se fait piquer ? Qu’y a-t-il de commun entre tous ces gens ? Pourquoi se font-ils tatouer ?
Qui faut-il être pour un volontariat de la douleur ayant un coût financier parfois très important ?
Comment restituer ces récits ?
J’ai décidé de rendre compte sous forme de textes soit en restituant intégralement le discours enregistré de la personne (c’est elle qui parle), soit en racontant ce que j’ai entendu* . Chaque personne a son histoire et, pour moi, pour d’éventuels lecteurs chacune a levé une partie du voile.

  • cette forme de texte étant de nature à zapper quelques informations. La prise de notes, surtout si l’interview est restituée quelque temps plus tard, ne permet pas de rendre parfaitement compte des paroles entendues.

Tattoo pride ?

Aucune des personnes interrogées n’est gênée par la différence physique qu’apporte le tatouage. Mais on perçoit une certaine fierté à porter un tatouage et pour la plupart le tatouage est comme un aboutissement : la mise en lumière de souvenirs, de bonheurs ou malheurs, de quête de sens. Et pour tous c’est une affirmation de soi.

Merci à toutes celles et ceux qui ont bien voulu me raconter leur-s tatouage-s.