POURQUOI CETTE « ÉTUDE » ?

Un désir de connaître et comprendre des choses et des personnes apparemment ordinaires : les tatouages et les tatoué-e-s. Une impression personnelle d’être en décalage avec la majorité des gens. Une curiosité bienveillante et critique.
Curiosité relancée par la lecture du mémoire de CharlotteÉtude des carrières au sein d’un groupe professionnel dit « déviant » : les tatoueurs professionnels pour le Master Science Politique, Politique et action publique.

Et puis aussi le grand nombre de gens -dont des proches-, de toutes les classes sociales, qui se font tatouer. Les jeunes femmes semblent très nombreuses. Plus qu’un « phénomène de mode », est-ce l’inscription dans un nouveau mode de vie ?

On croise de plus en plus souvent dans les lieux publics (et surtout l’été quand les gens se découvrent) des gens tatoués. Des femmes et des hommes. On constate une certaine homogénéité des tatouages, un manque d’originalité pour beaucoup : les motifs, les graphismes, sont souvent les mêmes à quelques nuances près. Cela fait penser aux vêtements du prêt-à-porter : tout le monde se vêt à peu près de la même façon. Et puis de temps à autre, des tatouages originaux sortent du lot et interpellent.

D’autres considérations, historiques, très sombres, abominables : A l’époque romaine, les Romains tatouaient leurs esclaves sur le front. Et encore :  Il y a 70 ans, les nazis ont encré les juifs prisonniers d’un matricule sur l’avant-bras gauche. Pas oublié par tout le monde : des jeunes Israéliens se font tatouer un matricule pour ne pas oublier…

En fonction des civilisations et des époques, les élites au pouvoir dans certains groupes, sur certains territoires, considéraient que le corps devait rester pur donc sans aucune marque (les marquages étant destinés aux « inférieurs »), OU BIEN sur d’autres territoires, dans d’autres groupes, qu’il devait être marqué pour différentes raisons (différenciation d’avec les animaux, rites, etc.). Les élites devant être plus marquées que les autres.

Des conceptions totalement opposées. Et tout à fait obsolètes à notre époque…

Pourquoi le tatouage est-il devenu parure sacrée, ornement, bijou, symbole, souvenir… ?

Plusieurs pistes -hypothétiques-.
  • Dans un monde occidental où le Sacré a presque disparu, c’est peut-être un rituel de passage. Mais ce rituel a toujours existé notamment dans les sociétés polynésiennes.
  • Le tatouage permet de se créer une idendité propre, singulière, unique que personne ne pourra changer, certain-e-s parlent d’une 2e naissance après le 1er tattoo.
  • C’est pour certain-e-s le marqueur temporel d’un passage
  • Le tatouage participe du processus de construction de soi. Parfois d’une re-construction : le tattoo participe à la réparation d’une histoire personnelle et intime difficile.
  • Il permet, quoi qu’on en dise, de se rendre visible
  • Il semblerait que ce soit un train de devenir un produit de consommation. Même une poupée Barbie tatouée, à tatouer avec des décalcomanies est vendue depuis 2009. Le marketing a précédé la demande ! C’est la fonction d’un marketing bien pensé !