Jean-Marc

Jean-Marc

Jean-Marc

En hommage

Je me suis fait tatouer l’année dernière en octobre, j’avais 22 ans.

J’ai toujours voulu un tatouage, cela faisait bien 3 ans que j’y réfléchissais.

C’était vraiment pour représenter mes origines.

J’ai 4 grands-parents qui viennent de 3 pays différents : la Grèce, l’Allemagne, l’Espagne.

J’avais très envie d’en faire un pour les représenter, pour qu’ils le voient avant qu’ils partent, qu’ils décèdent.

Du côté de mon père, j’ai deux grands-parents espagnols, de l’Andalousie ; et du côté de ma mère, mon grand-père est Grec et ma grand-mère Allemande.

Quels dessins ?

Les dessins, je ne savais pas vraiment ce que je voulais. C’est ça qui m’a bloqué pendant un moment. J’ai cherché des tatoueurs dont le style me plaisait. Je leur ai dit je veux un symbole espagnol, un symbole allemand, un symbole grec, plus le petit symbole andalou de la région de Moraca, à côté d’Alméria (d’où sont mes grands-parents).

Laurent Z

J’ai cherché sur internet des tatoueurs autour de chez moi : Marseille, Aix, Montpelliers et un peu à côté. Et puis j’ai vu le site d’un tatoueur à Aix, ça m’a tout de suite plu et du coup je n’en ai même pas cherché d’autres. Son style me plaisait vraiment.

C’est Laurent Zucca ou Laurent Z, son site c’est « L’encre noire ».

Sur son site, outre ses très belles réalisations, tu peux lire ses excellents conseils concernant « l’après tatouage » notamment la cicatrisation.

Quand je lui ai dit l’idée, il m’a dit qu’il pouvait me faire une très belle pièce. J’étais encore plus content. Il m’a donné le dessin (les dessins) une semaine avant, alors que j’avais pris rendez-vous très très longtemps avant.

Une trilogie

L’aigle à deux têtes, c’était très bien. C’est pour l’Allemagne, la « Confédération germanique » de la fin du XIXe siècle (l’Empire allemand du début XIXe siècle est représenté par un aigle à une seule tête) et ça me plaisait d’avoir cette symétrie et chez mon oncle qui est Grec et Allemand, il y avait un drapeau avec cet aigle-là, ça m’avait marqué.

Où est l’indalo ?

Sans le tatouer, il a intégré l’Indalo qui est le symbole du village d’origine de mes grands-parents (on le voit souvent sur des camions espagnols). Quand j’étais petit, j’en avais un autour du cou. Je l’ai voulu dans le tatouage, mais il n’est pas tatoué, il est en pochoir inversé.

Le taureau

Pour l’Espagne, il a mis le taureau, un joli taureau bien fait. Avec un oeil particulier.

 

Quant à la Grèce, au départ, sur le dessin, il m’avait proposé une gorgone (la femme avec les serpents sur la tête). Elle était un peu dénudée, ça ne me plaisait pas trop.

Pour mon grand-père, je voyais plutôt un Zeus ou un Poséidon, comme il est pêcheur.

Il a revu sa proposition et m’a proposé Poséidon en mettant un trident sur la couronne.

Les lignes sur les motifs correspondent au style de Laurent Z. C’est quelqu’un qui fait beaucoup de mandalas avec des petits traits. Je l’ai laissé faire parce que je trouvais ça très beau.

Pourquoi ce bras-là ?

Parce que par réflexe, d’instinct, quand je disais que je voulais un tatouage, je désignais toujours ce bras-là.

En 3 h 30 !

Le tatoueur a commencé par le taureau, il l’a fait en 1h et ça ne m’a pas fait vraiment mal. Le tatouage complet a été fait en 3 h 30, sans retouches, sur mon bras gauche. J’ai eu mal la dernière demi-heure, surtout sur le triceps, c’était plutôt des sortes de brûlures.

Je l’ai montré à mes parents, à mes grands-parents. Ils étaient contents. Quelques personnes m’ont dit : « ah il est gros ! ».

J’aime vraiment ce tatouage. D’abord je le trouve beau, ensuite ça m’a peut-être donné un peu plus confiance en moi. Et puis comme il représente ma famille, j’en suis fier.

A suivre…

Je vais sans doute me faire encore tatouer. Dès que j’ai eu fini, j’ai eu l’idée du suivant. Mais ce n’est pas pour tout de suite. Je me laisse du temps…

Je continuerai sûrement le même bras. Ce sera encore un dessin qui me représentera, qui fera partie de moi… Et si je pars en voyage, s’il y a un endroit qui me plait, pourquoi pas le représenter aussi. Mais ce ne sera pas sur un « coup de tête ».

Jérémy 199

Jérémy 199

JÉRÉMY

ONE NINE NINE

A 19-20 ans Jérémy a voulu un tatouage. « J’en ressentais le besoin, je voulais que quelque chose soit ancré/encré en moi, tellement c’était dans mon cœur. J’avais besoin de limite souffrir pour que ce soit gravé sur moi à vie.

Ma Yam 50

Quand j’étais plus jeune, que j’avais ma petite 50, en enduro j’allais dans les chemins de temps en temps. J’ai découvert le Free style. Et en même temps TRAVIS PASTRANA qui porte le n° 199 depuis toujours. [J’informe Jérémy que je ne connais pas Travis Pastrana] C’est un peu notre Sébastien Loeb ! A la base c’est un crossman, puis il est passé au freestyle. Il a fait le record du double saut périlleux arrière en moto.

A cette époque-là, j’étais un peu « fou-fou », je pensais « waouh, c’est un malade ! il a fait des records, des trucs de ouf ».

Avec ma bécane, je faisais un peu comme lui, pas à son niveau bien sûr. Je tapais des sauts, j’allais sur les terrains de cross…

J’ai ressenti le besoin de me faire tatouer ce numéro parce qu’outre le freestyler, il y aussi la personne derrière que j’ai pu rencontrer 2 ou 3 fois, à des évènements différents, à Nice, à Lille, bref !

Donc il a pu voir mon tatouage en vrai. J’ai vu Travis le regarder, Il m’a dit 2-3 phrases, en gros qu’il ne pensait pas voir un mec aussi passionné que moi ici, ça lui a fait vachement plaisir. Je m’en rappellerai toute ma vie ! J’ai la photo dans le téléphone, je peux mourir tranquille, j’ai rencontré mon idole, en fait !

Je me suis fait faire le tatouage à Poitiers. Bras droit, bras gauche, cela n’avait pas vraiment d’importance, je voulais le voir, je voulais qu’il soit visible, je ne voulais pas que ce soit caché en fait. J’avais aussi pensé au travail (je travaille en restauration), j’avais demandé [à mon patron] : vous me dites de porter des chemises manches longues, est-ce que cela gêne si je relève les manches ?

Pas du tout. Des clients me demandaient -et même encore maintenant dans le restaurant où je travaille actuellement- « Vous avez fait de la prison ? il vous manque un chiffre pour la date de naissance ?… ». Certains reconnaissent. J’ai eu 2 ou 3 fois le cas : « On connaît Travis ? » Du coup, avec le client, une petite conversation s’engage. On parle de freestyle « Putain, tu t’es fait taouer ce numéro ?!? Mais c’est énorme quand même ! ». Ben oui !

La police de caractères, c’est comme celle de son maillot. Pour l’encrage, au moment du contour ça allait mais le remplissage a été douloureux. A la moitié du tatouage, le tatoueur qui me voyait tout blanc m’a dit : « tu ne veux pas aller fumer une cigarette ? ». Et je suis allé fumer, autrement je crois que je serais tombé dans les pommes. Après la cigarette, nickel, j’étais frais comme un gardon ! C’est normal le corps n’était pas habitué… Le tatouage a duré environ 2 h.

Mes proches n’ont pas tous réagi de la même façon. Mon père souhaitait que ce soit plus petit, pas aussi marquant mais il m’a dit « Tu fais ce que tu veux, tu es majeur mais moi je te conseille de faire attention pour ton travail, tu ne sais pas ce que tu vas faire dans ta vie future, fais attention ». J’en avais parlé à 2-3 amis qui ont considéré que j’étais un peu « fou-fou », sans que ça aille plus loin.

Maintenant qu’il est là, de toute façon, je ne peux plus l’enlever. J’ai le projet de continuer, peut-être cet été, parce que le freestyle m’a amené à une autre passion : les boissons énergisantes.

Je suis collectionneur de boissons énergisantes : j’achète des canettes, je les bois, je les place sur une étagère. Le vrai collectionneur devrait les garder pleines. Quand je me commande une canette américaine sur E-bay, qu’elle coûte 6 € mais qu’avec les frais de port ça fait 15, je me fais un petit plaisir, je la bois. J’en ai entre 60 et 100, de toutes les marques, par exemple Red Bull -des versions qui ne sont pas encore en France. J’ai beaucoup d’amis qui connaissent ma collection, qui m’envoient une photo « est-ce que tu l’as ? ». Quelquefois ils la prennent pour me la donner.

Comme le freestyle est lié aux boissons énergisantes  [les sponsors], en fond du 199, je vais dessiner une fresque de canettes, une Red bull, une Rockstar, etc. J’aimerais bien finir mon avant-bras en faisant tout le tour du 199. Et bien sûr en couleur, j’ai vraiment besoin de couleurs, comme ce sont des boissons énergisantes, j’ai envie que ça pète, que ce soit de l’adrénaline. Là une Red Bull, ici une Rockstar (noire), une Rockstar Cola (rouge). J’ai dessiné et je me ferai peut-être tatouer cet été. Je vais sûrement retourner chez le même tatoueur mais peu importe je sais ce que je veux et j’ai fait les dessins. Je ne sais pas comment le tatoueur va pouvoir caler les canettes -j’ai un petit bras- mais c’est sûr je le fais cette année.

Pour moi, il y a un avant et un après tatouage.

Quand tu sors de chez le tatoueur, que tu as le film plastique, que tu as souffert, tu te dis « ah oui, quand même ! ». Là tu prends conscience de ce que tu as fait, il ne faut pas le regretter, c’est à vie. Maintenant j’ai 26 ans, je regarde moins le freestyle, je suis moins passionné alors qu’à l’époque c’était du non-stop, mais ce n’est pas grave, ça restera toujours une part de moi. C’était ma jeunesse. Je me suis comparé à Travis, j’étais un peu comme lui, risque-tout. Mais j’ai eu un accident, j’ai fait un peu l’idiot étant plus jeune, je suis tombé sur le dos, j’ai eu un problème très grave de colonne vertébrale, je suis passé très près de la paralysie des jambes. Donc maintenant il est hors de question que je fasse des sauts (je voulais m’acheter une Suzuki RM). Les médecins m’ont dit que je pouvais faire de la moto routière mais ils m’ont interdit d’aller « dans les chemins »…

Jérémy a un autre tatouage à connotation amoureuse -sans prénom-, c’est une petite phrase de 3 mots en haut du dos, il complétera ce tattoo par un logo car la phrase peut être destinée à n’importe quoi et à n’importe qui 😉 !

Célio

Célio

Tatouages pour Célio !

Sur un abribus, très belle affiche d’un homme tatoué pour la publicité celio* d’avril-mai 2017

Publicité et tatouages

Un homme très brun, la trentaine, poilu, coiffé court, barbe bien taillée, torse nu, en posture égyptienne, pas très costaud, juste en jean. Une simili posture de combat -c’est un homme qui ne sait pas se battre, ça se voit- : « Quoi ma gueule ?« .

Un homme très contemporain, donc n’ayant pas peur de montrer des tatouages sur les mains -parties corporelles toujours visibles- avec un grand tatouage d’inspiration japonaise, et d’autres ici et là.

Bien joué !

celio*, marque de vêtements, ne montre qu’un jean, et encore, dans la partie inférieure de l’image. Fort !

En haut  » celio*  » et avec une grande police, en Bold :

men*

écrit de la couleur d’une encre du tatouage.

« Nous , les hommes tatoués, nous sommes en celio* ! »

Ouais, bon…

YvAndré

YvAndré

Yves-André

Force et respect

Yves-André s’est fait tatouer pour la première fois à l’âge de 18 ans. C’est une couronne contenant une inscription sur l’intérieur du biceps gauche. En 2 fois 3 heures, cet encrage est un signe affectif adressé (ou en mémoire ?) à un ami décédé. C’est aussi, pour lui, un symbole de loyauté.
A qui est adressée l’inscription « StayStrong » ?

Puis à 22 ans, il a décidé de porter un tatouage tribal. Comme un signe d’appartenance à un groupe. Son équipe de rugby ?

Beaucoup de joueurs de rugby portent un tatouage tribal, le tattoo des guerriers. Le chant systématique d’avant match des All Black (lire la vidéo YouTube en bas de page), le ¹ Haka Ka Mate (en maori) est particulièrement significatif :

Ka mate ! Ka mate ! Ka ora ! Ka ora !
A hupane ! A kaupane ! A hupane ! A kaupane !
Whiti te ra ! Hi ! »

¹ C’est la mort ! C’est la mort ! C’est la vie ! C’est la vie !
Faites face ! Faites face en rang ! Faites face ! Faites face en rang !
Soyez solides et rapides devant le soleil qui brille ! »

Yves-André semble posséder les valeurs, les forces, peut-on aller jusqu’à dire « l’âme » d’un guerrier ?
Un très beau tatouage maori orne tout son bras droit. Comme ses camarades de rugby, il aime le combat mais en respecte toutes les règles, dit-il.
La forme cherchée et trouvée sur le Net a été adaptée par une tatoueuse de Martigues.
A 23 ans la 2e partie du bras a été encrée.

La droite ! Maori En fleurs Reste fort

Yves-André a « comme un sentiment d’inachevé » et la suite de sa vie dira s’il continue les encrages sur son corps.

Romain

Romain

Romain

La science consiste à passer d’un étonnement à un autre. Aristote

A 23 ans, Romain était un voyageur, un routard. Peut-être l’est-il encore un peu ?

A New York, en 2012, il se fait tatouer l’Amérique centrale et l’Amérique du sud sur son biceps gauche intérieur. Juste un trait -douloureux- qui fait le tour des deux Amériques qu’il a sillonnées pendant des mois. Le tatouage c’était la fin -douloureuse ?- d’un voyage, de son voyage. Il regrette d’avoir choisi ce mauvais tatoueur de New York parce qu’il trouve que ce travail est « bâclé ».
A son retour, a-t-il pensé à ces phrases de Nicolas Bouvier dans L’usage du monde ?  « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. »

Un an après, à Lille, il décide de se faire tatouer le nombre 13 en chiffres « romains » (!) : XIII.

Pourquoi ce nombre ? Romain raconte qu’à l’âge de 13 ans, il a vécu un évènement familial qui l’a profondément marqué, choqué. Dix ans plus tard, un tatouage sur son bras -« un endroit joli du corps »- visible par lui-même, et par tous, semble lui rappeler constamment ce moment très fort de sa vie.

Digression qui n’en est pas une : Lorsque l’on voit ce nombre, tout de suite « on » (mais qui est « on » ?) pense à la célébre BD « XIII » imaginée par Jean Van Hamme et dessinée par William Vance pendant 23 ans. En 1984 (1er tome), Romain n’était pas né. Quand le 19e et dernier tome¹ est paru « Dernier Round », il avait 17 ans. MAIS CELA N’A RIEN À VOIR AVEC LUI !

Tous les XIII

Il ne connaît cette BD que depuis peu. Il s’y est intéressé par la force des questions récurrentes tentant de faire un rapprochement.

Romain a maintenant 26 ans. Passionné de sciences, il décide de se faire tatouer « une version des lois de l’attraction » (lois scientifiques qui l’intéressent le plus). A Lille, chez une tatoueuse qu’il connaît, il présente un dessin personnel et explique ce qu’il attend. La tatoueuse, avec son style, restituera sur son flanc droit, un encrage correspondant bien à son souhait.

Beau, original et mystérieux, le dessin montre une sphère -divisée en 3 parties visibles, par 2 méridiens- encrée en « dot », des vecteurs de sens différents (sens horaire), des formules écrites en rouge, en vert, en noir. Sauf à être un spécialiste, il faut que Romain décode ce tatouage pour l’observateur. Et encore. Il faudrait prendre note de la signification (et la comprendre !) de tous les éléments.
Les verts et les rouges vieillissent mal, Romain les fera reprendre.

A part ce 3e tatouage dont Romain semble fier, les deux autres sont modifiables. Le seront-ils un jour ?
Il a l’intention d’en rajouter un ou deux de plus : sur les épaules, les bras, le torse. En old school.

Ses tatouages lui donnent le sentiment d’appartenir à une communauté. Il n’hésite pas à les montrer mais n’en révèle pas forcément toutes les significations. Il dit qu’il faut prendre du temps avant de se faire tatouer, « en parler au maximum de gens ». Et ajoute en direction des tatoués : « Attention à l’addiction ».

romain1

¹(En 2009, les auteurs ont décidé de confier « une » suite à Yves Sentes et Iouri Jigounov. Depuis, plusieurs tomes sont sortis (bientôt le 24e). Ces auteurs déclinent des histoires autour des personnages principaux de la série originale).