Cécile

Cécile

Cécile

27 ans

 

MALHEUR DOULEURS

Mon premier tatouage date de juin 2019. C’est un peu un coup de tête qui fait suite au décès de quelqu’un de très proche de moi.

Un matin je me suis levée, j’ai dessiné quelque chose. Je suis allée voir un tatoueur et j’ai dit « Voilà je veux ça ».

Avec du recul, dès que je le vois, ça me fait penser à lui. Mais je n’ai pas besoin du tatouage pour me souvenir… Quand je prends ma douche, comme il est situé sur les côtes, « je me le reprends de plein fouet ». À l’avenir, je me le ferai peut-être recouvrir, toujours dans le but d’évoluer. Quand je ferai ça, je n’oublierai pas pourquoi je l’ai. Ce sera toujours en rapport avec lui.

C’est un tatouage « douleur ». J’étais très mal et j’avais besoin de souffrir un peu physiquement. Sur les côtes, ça m’a fait vraiment très mal. L’encrage a duré 30 minutes. Souffrir pour souffrir…

Le désespoir...
Le désespoir...
arbre

 

UNE LONGUE RÉFLEXION

Mon deuxième tatouage est mûrement réfléchi : j’y pense depuis sept ans, voire plus. JE VOULAIS UN ARBRE.

Si j’avais su dessiner, je l’aurais fait il y a quelques années déjà. J’ai développé une passion « arbres » depuis mes 15 ou 16 ans et donc pourquoi ne pas faire « graver » cette passion sur ma peau.

Je n’osais pas passer à l’acte et franchir le cap. Mais ce malheur a surgi. Je me suis réveillé un matin sauf qu’il n’y avait pas « l’arbre » sur mon corps, alors que j’avais l’autre.

L’ARBRE, L’ESSENCE DE LA VIE, DE MA VIE

Faire un tatouage, c’est de « l’art sur peau » qui fait partie de nous. Le symbole de l’arbre me parle : j’ai la bague, le collier, la chaîne de cheville. L’arbre est pour moi l’essence de la vie. C’est l’ANCRAGE.

Les arbres étaient là avant nous, ils seront là après nous. Un arbre ça évolue, ça supporte énormément de choses, c’est de la force, avec des racines qui s’ancrent profondément.

Donc pour moi, c’était vraiment un arbre. Un arbre avec quatre branches, quatre membres de ma famille. Malheureusement, depuis ce qui m’est arrivé, j’ai évolué : faire que ce moment de ma vie apparaisse dans le tatouage.

ARBRE

LA TATOUEUSE

Ce qui est compliqué quand tu ne sais pas dessiner, c’est trouver un tatoueur à qui faire confiance, à qui expliquer ton projet, qui va le mettre sur feuille, à qui tu vas oser dire « Ben non, là ça ne me plaît pas, » « là ça ne me plaît pas, parce que c’est quand même à vie. » On y pense, on ne veut pas regretter ! Chaque tatouage fait partie de nous et évoque une histoire…

Cette tatoueuse, je l’avais vue sur les réseaux sociaux. Une connaissance s’est fait tatouer tout le bras par cette personne et j’ai vu que c’était très fin. Je me suis dit « ça me plaît ». Je lui ai écrit, on a discuté et j’ai senti qu’elle était intéressée par le projet.

J’ai expliqué ce que je voulais, j’ai expliqué la situation, je lui ai montré des photos sur Instagram, d’arbres sans racines, je lui ai dit « quatre branches dont une avec moins de feuilles ».

Elle l’a dessiné, me l’a envoyé. J’étais retournée la voir : « Ça il faudrait peut-être le changer ». Elle m’avait renvoyé la photo. « Ça ne me plaît encore pas, faudrait changer comme ci, comme ça… ». Jusqu’au dessin final reproduit sur mon dos. Quoique sur le dessin le tronc n’était pas totalement fini. Elle me l’avait fait « circulaire », les branches un peu féériques, mais ça c’est pas moi. Moi je voulais quelque chose de plus « écorce » ! Comme celle d’un chêne.

 

 

 

L’ARBRE AUX QUATRE BRANCHES

 

Ça a duré 3 heures pour tout le tatouage. J’ai commencé à avoir très mal quand elle a fait les feuilles, la dernière heure. Elle avait encré tronc et branches mais elle a repassé sur certains endroits pour faire les feuilles, je l’ai senti…

Au niveau douleur, c’était « gentil » au début, puis au fil du tatouage ça commençait à brûler de plus en plus. On a bien discuté. J’ai parlé de mon histoire, elle m’a parlé de la sienne.

Maintenant il est terminé, il finit en arc de cercle parce que je ne sais pas ce qui va m’arriver demain. Je veux pouvoir le faire évoluer, ajouter des choses. Le jour où j’aurai des enfants, peut-être que j’inscrirai des nouveaux tracés avec les racines.

EFFETS TATOUAGE

 

Tout le monde a trouvé le tatouage très beau. Mon entourage proche le comprend bien. Une branche qui perd ses feuilles et huit oiseaux qui s’envolent vers le ciel. Mais les « autres » voient juste un arbre…

On ne va pas se mentir, il y a aussi un effet esthétique et moi mes tatouages ne se voient pas -sauf quand je porte des débardeurs… et j’en porte souvent ! Je suis un petit peu frustrée de ne pas pouvoir voir mon arbre étant donné l’endroit où il est situé. Mais il est là.

Je me dis que je suis au bout de mon projet.

 

JE L’AI FAIT ! ET C’EST BIEN…

 

Angeline

Angeline

Angeline

Calligraphie arabe, crâne à la rose

 

JE VEUX LA PIQURE !

 

« A 15 ans, je pensais déjà à un tatouage. Quand je voyais des gens tatoués, je trouvais ça très beau, et le fait que ce ne soit pas éphémère me plaisait, le fait d’avoir quelque chose qui soit encré en soi.

Je connaissais des amis de mes parents qui étaient tatoués, des trucs qui étaient faits à l’armée par exemple.

Savoir ce que faisait la piqure m’attirait.

 

 

La première fois…

J’ai attendu d’avoir 28 ans, et des enfants ; toutes ces années avant de me faire tatouer parce que je n’étais pas sûre de ce que je voulais. Je suis patiente !

A 28 ans donc, je suis passée à l’acte.  Le premier motif, dans mon dos, représente mon prénom en calligraphie arabe et les initiales de mes 3 enfants.

Et le M qui clôture un peu le dessin, c’est l’initiale du prénom de mon EX-mari – Chose qu’il ne faut jamais faire !

 

Calligraphie arabe

Pendant des vacances, sur un marché, j’avais vu un gars qui faisait de la calligraphie arabe. Je lui ai demandé mon prénom en arabe, j’ai trouvé ça magnifique.

Quand mes enfants sont nés, j’ai pensé qu’il fallait que je fasse un tatouage en rapport avec eux  : Eva, Loris, Louca. C’est le tatoueur qui me l’a dessiné, je lui avais apporté les 3 initiales, je lui ai demandé de me faire un « placard », je ne voulais pas un tout petit tatouage. Quand il me l’a présenté, la première fois, j’ai dit « oui c’est ça ». C’est un tatoueur du coin qui me l’a fait.

Pourquoi dans le dos ? Parce que je voulais qu’il soit un peu discret et vu sa taille, je ne pouvais vraiment pas le mettre ailleurs.

Je ne le vois pas mais je sais qu’il est là !

AÏE, AÏE, AÏE !

La séance a duré 4 h 30. Tout a été encré en une fois sinon je savais que je ne reviendrais pas. J’ai eu MAL ! J’ai serré très très fort les dents.

Oui… Bof !

Les réactions des proches ? Mes parents n’ont pas super bien réagi, ils n’aiment pas tout ce qui est tatouage, piercing, etc. Sur le coup, on m’a dit « Ah ? Ah bon tu as ça ? ». Mais bon à 28 ans, j’ai fait ce que je voulais. Maintenant ça ne dérange plus personne, même le deuxième n’a pas suscité de réactions.

Tout vieillit…

Le tatouage a un peu verdi, je pense qu’il faudrait repasser sur les lignes et de toute façon, il va être modifié par rapport au M, ça s’est sûr. Mais l’aspect financier pose un petit problème. Sinon à terme, il sera modifié ne serait-ce que par l’arrivée de Gabin.

Le crâne à la rose

Il y a 5 ans, en 2014, j’ai fait faire mon deuxième tattoo, la tête de mort avec la rose.

Ah !… C’était après mon divorce…

Petite mort

La tête de mort représentait « mon intérieur ». J’avais l’impression d’être morte à l’intérieur. Pendant cette période (qui a duré 3-4 mois), je n’étais pas en grande forme.

Mais la rose était significative, en mode « c’est pas fini, la vie continue, il va y avoir quelque chose de mieux ». J’ai quand même réussi à re-taper du pied pour dire « allez, c’est bon, c’est pas la fin de la vie non plus ! ».

Je me suis donc fait tatouer pendant cette période difficile. J’ai voulu que le crâne soit sur ma cuisse parce que je ne voulais pas qu’il se voie. Seul G. mon compagnon le voit, les enfants de temps en temps quand je suis en short. Je vais très rarement à la piscine, peu au bord de la mer et je n’aime pas être en maillot de bain.

Ce tatouage a plus de signification que celui que j’ai dans le dos. Même si ce sont mes enfants. Le crâne a été fait à un moment particulier. C’est un passage de ma vie inattendu qui m’a fait beaucoup de mal. Je ne pourrai jamais l’oublier. Le tatouage m’a permis de passer l’étape, de changer de cap.

SIX HEURES !

L’encrage a duré 6 heures ! On a fait pas mal de pauses.

En 5 ans les lignes fines ont un peu épaissi. J’étais prévenue, le tatoueur m’avait dit « ça va baver ». Même si je l’ai super protégé (crème, vêtement couvrant en été), ça a bavé. Mais je l’aime toujours autant !

Tatouages : intimes ?

Le crâne, Je n’aime pas le montrer ! je n’aime pas qu’on pose des questions à son propos.

Quant à l’autre, ça ne me gêne pas qu’on le voie ou qu’on l’aperçoive, quand je suis en débardeur par exemple.

Fière !

Je suis fière d’avoir ces tatouages qui sont quand même des belles pièces. Pour mon tatouage du dos, ce que j’aime voir dans le regard des gens, c’est que, au premier abord, ils ne savent pas du tout ce que c’est.

La douleur…

La douleur du deuxième tatouage m’a permis de surmonter une autre douleur. JE SUIS FORTE !

J’ai changé…

Grâce aux tatouages, je suis plus sûre de moi. Le rapport entre de l’encre dans la peau et le fait d’être plus sûre de soi m’échappe complétement mais c’est certain : je suis plus sûre de moi. Je me sens plus belle aussi : le tatouage que j’ai dans le dos est comme un maquillage permanent. J’aime bien porter des petites robes avec un décolleté pour montrer mon beau tatouage du dos. Pour l’autre je m’arrange pour qu’on ne le voie pas.

D’autres ?

Ouiiiiii !

Mais je ne sais pas encore quoi, je m’informe. Celui du dos sera modifié : le M sera recouvert par un petit diamant. Après, pour Gabin, mon petit dernier, je sais qu’il sera encré dans ma peau, mais comment ? et où précisément (je pense quand même au poignet), je ne sais pas.

UN MESSAGE ?

N’AYEZ PAS PEUR DU REGARD DES AUTRES

 

Jade

Jade

Jade

21 ans

Toute petite, déjà…

« J’ai grandi dans le milieu du tatouage. Mes deux parents sont très tatoués et le meilleur ami de ma mère est un des meilleurs tatoueurs au monde, il est d’une famille de tatoueurs, c’est  :

FILIP LEU !

A 5 ans, je voulais me faire tatouer 2 roses ! Normal j’allais souvent dans le shop de Filip…

Je connais bien Filip, sa femme Titine, même encore le papa, Félix, qui a tatoué ma maman. Ma mère a passé son adolescence dans la famille LEU. Ils me connaissent depuis que je suis née.

L’impatiente

J’ai eu mon 1er tatouage à 16 ans (fait en cachette) : c’est une ancre marine que j’ai fait faire sur la hanche. C’était le symbole un peu pin-up, j’aimais bien. C’est un endroit qui se cachait facilement. J’avais un ami apprenti tatoueur qui avait besoin de s’entraîner. Il habitait à côté de mon lycée. Ma maman m’avait dit « à partir de 17 ans ». C’était long d’attendre un an mais j’ai eu l’occasion et j’ai voulu essayer. En même temps, le même jour, j’ai fait un tout petit papillon sur la cheville.

Je voulais un tatouage pour l’esthétisme, pour moi. A la base, je trouve que le tatouage est une forme d’art, c’est beau, ça me plaît. En plus pouvoir raconter quelque chose, je trouve ça très beau. Il n’y a pas vraiment de raison du pourquoi du comment, j’aime ça depuis petite, je suis là-dedans, c’est une passion.

Une pure connerie !

Puis juste avant mes 17 ans, j’ai fait -sur un coup de tête- une petite écriture sur les côtes. Je l’ai beaucoup regretté par la suite. C’était idéologique [ce ne sera pas mentionné]. J’étais influençable à cette période, j’ai fréquenté des personnes pas très fréquentables. Bien que le tatouage soit caché, je ne me mettais plus en maillot de bain, je ne voulais plus le voir. Ça a été une pure connerie ! J’ai fini par le faire recouvrir.

Souffrir pour être belle…

La grande fleur japonaise que j’ai dans le dos c’est le beau-frère de Filip, Mathieu, qui l’a faite. Elle a recouvert mon inscription détestée, au passage. Mais elle n’est pas encore finie.

Il m’avait demandé ce que je voulais pour recouvrir le petit tatouage insupportable. Je lui avais envoyé la photo. Je lui ai dit « le plus petit, que ça recouvre, et le plus gros, que ça me couvre toutes les côtes ».

Il m’avait fait un superbe dessin avec trois fleurs et un crâne au milieu. Ça me représente bien :  les fleurs c’est le côté tout doux, le crâne c’est le côté plus dur. Ce dessin était très esthétique.

Il a mis moins de 2 h. Ce tatouage a été fait au Mondial du tatouage à Paris. J’ai eu mal ! Il y aura encore deux fleurs qui vont recouvrir toutes les côtes. Mais j’ai vraiment souffert, j’avais fait plusieurs heures de train juste avant, il y avait beaucoup de gens, et l’encrage en moins de deux heures a été vraiment douloureux.

Je vais bientôt le terminer.

Pour LUI

Le 3e tatouage c’est celui que j’ai sur la cuisse. Je cherchais un emplacement assez grand, pas forcément visible pour le travail. J’aurais pu le faire dans le dos, ça ne se serait pas vu. Mais j’ai besoin de le voir.

C’est la carpe japonaise que j’avais dessinée bien avant mes 18 ans. A 18 ans j’ai eu un peu d’argent pour mon anniversaire, j’ai pris un rendez-vous et j’ai fait le tatouage au mois d’avril (je suis de janvier). J’aime l’irezumi, le tatouage japonais, Je le trouve très beau et la signification est importante. Quand la carpe remonte le courant, qu’elle arrive dans l’antre du dragon, elle devient elle-même un dragon, ça représente la force. Mon père a une carpe sur une épaule et sur l’autre un dragon. A ce moment-là il était très malade, en pleine chimio, et d’un côté c’est pour lui. Cette carpe je l’ai faite par rapport à lui.

Un monde meilleur ?

Et puis il y a la signification du cadre. La carpe est sensée remonter le courant et rentrer dans le cadre. Un peu comme dans Alice au pays des merveilles, passer de l’autre côté du miroir, c’est une nouvelle vie, l’entrée dans un monde meilleur.

Je l’ai fait faire par un tatoueur qui avait son salon à côté du lycée. Je ne voulais pas attendre. J’aurais pu attendre un petit peu plus et le faire faire par Filip. De toute façon, il va me le retoucher.

Douleurs ?

Les petits tatouages ne m’ont pas fait souffrir car ils ont été faits très rapidement. La zone sur le ventre j’ai rigolé, ça me chatouillait.

Pour la cuisse, les premières séances se sont bien passées (le tatoueur pensait le faire en 2 séances de 6 h). Au final j’ai fait une dizaine de séances, et il ne l’a pas encore terminé, il manque des couleurs (il ne m’a fait payer que 2 séances). Il avait sous-estimé le travail, la carpe devait faire 23 cm et en fait elle en fait 32 : le motif devait prendre toute la cuisse, c’était plus joli. A certains rendez-vous, j’étais malade donc plus sensible à la douleur. Même chose par les fortes chaleurs d’été. J’ai eu mal, surtout quand l’encrage s’est rapproché du genou. J’ai eu l’impression de coups de marteau sur mon genou, la jambe partait en l’air toute seule (effet réflexe).

Une suite

Une fois que j’aurai fini le motif dans le dos, j’aimerais bien le faire remonter. J’en ai un de prévu pour l’épaule, ça fait bien 4 ans que j’ai le dessin (fait par une amie qui aimerait devenir tatoueuse). C’est pour l’esthétique, il est très beau. J’attends pour des raisons financières.

Si j’avais les moyens, j’aurais déjà tout le corps tatoué !

Tout en laissant les avant-bras, le cou, le décolleté, le visage sans tatouages. Je suis raisonnable ! Professionnellement, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Il faut pouvoir être habillé sans que l’on voie les tatouages.

Depuis que je suis tatouée, je me sens mieux. Je me trouve plus jolie, c’est pour moi-même. » 🙂

Marion C.

Marion C.

MARION C.

« Celle qui sourit toujours… »

«Pourquoi un tatouage ? Parce que j’en avais envie, à l’époque, tout simplement.»

«L’histoire de mon tatouage ? C’était en 2007, j’avais 22 ans et j’étais en Erasmus en Italie. J’étais en train de réviser un soir mes examens du lendemain, et j’ai dessiné sur ma cheville le 1er truc qui me venait à l’esprit, c’est-à-dire mes initiales avec une petite étoile au milieu.

Et puis le lendemain, après mes examens, il restait encore la marque du stylo-bille sur ma cheville, et je suis passé devant un tatoueur avec un ami… J’ai decidé de le faire, comme ça, un peu sur un coup de tête, un coup de coeur, pour marquer la fin de mes examens et puis aussi, je pense, le souvenir d’une année passée en Italie. Je me suis dit que ça resterait au moins gravé jusque sur ma peau.

Donc je l’ai fait. Je suis rentrée, j’ai demandé le prix, ça coûtait à peu près 50… 70 € je crois. Il m’a dit que ça allait être très douloureux et c’était vrai parce que la peau est très fine à cet endroit-là. Ça a duré 5 mn, mais c’était… ça m’a un peu piquée… puis finalement je suis sortie, j’étais contente. Ça fait 10 ans, je ne le vois pratiquement jamais donc je ne m’en lasse pas et… je ne sais pas… il me rappelle maintenant des bons souvenirs, des souvenirs d’une époque où j’étais encore étudiante… brillante (rires). Voilà.»

Le pied !

«Je l’ai fait à cet endroit-là parce que je me suis dit que si jamais je venais à changer d’avis… enfin, si jamais…oui si jamais plus tard je regrettais, au moins je ne le verrais pas donc ça ne serait pas gênant et surtout il ne serait pas visible aux yeux de mon environnement, de mon entourage ou d’un potentiel employeur pendant un entretien donc ce n’était pas dérangeant, ça pouvait rester un petit tatouage secret que seuls mes proches et moi-même pourraient admirer.»

Mes géniteurs !

«Les réactions de mes proches ? (rires moqueurs). Et bien, je suis rentré d’Italie, direction Poitiers, je n’avais pas prévenu mes parents « mes géniteurs », que j’avais donc effectué ce petit tatouage sur leur création, donc ma mère, comme à son habitude, a dit (imitiation de sa mère avec une petite voix) « j’espère que c’est pas un vrai tatouage ! » donc si ! c’était un vrai tatouage. Et à l’inverse mon père a dit « j’espère que c’est pas un tatouage au henné », ce qui était surprenant. Je lui ai dit c’est un vrai tatouage. Il a dit : Ah OK, donc tout va bien. Donc on va dire… une réaction en demi-teinte.

Mais moi en tout cas, je l’assume et c’est ça le principal.»

Mouskane

«J’ai très envie de m’en faire d’autres, j’ai envie d’en faire un depuis longtemps, je mûris le projet depuis longtemps. Mais justement, de par mon nouveau travail, en tant qu’entrepreneuse, pour l’image, j’ai peur de me fermer des portes avec une certaine clientèle. Mais je voudrais en faire un tout petit sur le poignet, qui serait aussi une référence à un de mes voyages qui est l’Inde que j’ai adorée et en fait là-bas, on m’appelait « Mouskane » et en indi -d’ailleurs c’est très joli parce que j’aime beaucoup l’écriture indi-  Mouskane, ça veut dire « celle qui sourit toujours » ou « celle qui garde toujours le sourire ». Je me suis dit tiens ça peut être un joli clin d’oeil, un joli souvenir de l’Inde. Donc j’aurais l’Inde et l’Italie qui sont mes voyages principaux.»

মহিলা À suivre ?

«J’ai cherché un tatoueur sur Paris et en fait il faudrait que ce soit un calligraphe ou même un Indien idéalement. Je n’en ai pas trouvé donc je me suis dit bon on verra… je réfléchis encore. Mais je ne me ferme pas la porte complètement.»

 

Sophie

Sophie

L’esthétique

Depuis toujours, la beauté, l’esthétique, les soins du corps intéressent Sophie. Très jeune, elle s’est donc dirigée vers un métier présentant ces possibilités de travail. A 19 ans, Sophie est « entrée en apprentissage » et a commencé à pratiquer ce qu’elle avait étudié. A l’institut où elle travaillait, la femme qui était son maître de stage pratiquait le tatouage semi-permanent.

Sophie, attirée par l’Inde, a choisi une fleur de lotus pour sa beauté. Le Lotus sacré ou Lotus d’Orient dont les symboles sont multiples, qui peut-être rouge ou bleu en encrage, se décline en de très nombreux tatouages, de toute taille, à des emplacements très différents.

Elle a choisi de le faire encrer en haut d’ une fesse. Mais, après trois années, les fleurs ont disparu et ne sont restées que trois feuilles, comme des coeurs. Déception. Plusieurs années après, Sophie l’a fait refaire. Strictement intime, il n’y a pas de photo.

L’encrage n’a pas duré longtemps, elle ne se souvient plus vraiment de la séance.

A 30 ans, Sophie connaissant un copain tatoueur, s’est fait tatouer un scarabée sur l’épaule. « Fan d’Egypte », elle aime les symboles de cette grande civilisation. Le tatoueur a proposé plusieurs dessins, elle a choisi. L’encrage a été fait en une fois. Cependant, au fil des années, le tatouage a « mal vieilli ». Beaucoup de détails se sont estompés au fil du temps.

« Si j’avais su, il aurait été fait différemment ! » Il est maintenant recouvert par une rose et un mandala.

Aux Etats-Unis, plus particulièrement au Colorado, Sophie a pris une décision : se faire tatouer les prénoms de ses deux enfants. A 39 ans, c’est un projet qu’elle avait depuis longtemps en tête -une dizaine d’années- , et en rentrant en France, elle est passée à l’acte.

Elle a elle-même dessiné le lettrage, elle a choisi l’avant-bras (c’est une partie du corps qui est facilement visible). Le tatoueur lui a conseillé de l’agrandir : le lettrage de Sophie était trop petit et le tattoo aurait mal vieilli.

En une séance, l’encrage a été réalisé. Elle dit qu’il a été « un peu douloureux ». Le tatouage, relativement récent, n’a pas vraiment vieilli. Sophie l’a fait légèrement modifier lors du recouvrement du scarabée.

 

 

 

La même année, pour l’esthétique, elle s’est fait tatouer un papillon sur l’aine. Elle l’avait vu à Miami et se l’est fait encrer à son retour en France.

Pourquoi à cet endroit ? « Parce que !… Je ne sais pas ! »

 

 

Un an plus tard, Sophie a désiré faire recouvrir le scarabée « abimé » par un autre motif. Elle avait envie d’une rose et d‘un mandala. Sa tatoueuse, une véritable artiste, a assemblé les deux motifs pour n’en faire qu’un. En une séance de 3 heures, l’encrage a été fait. « Les dernières trente minutes ont été douloureuses, surtout sur le scarabée« .

On aperçoit encore indistinctement ce qu’il reste du scarabée. Bientôt, la tatoueuse va probablement ajouter de la couleur sur les pétales de roses pour le dissimuler totalement.

Juste après la pause, après 1h30 de travail sur la rose-mandala, alors qu’elle venait de recouvrir en partie le scarabée, la tatoueuse a retouché quelques lettres des prénoms des enfants, en allongeant des pointes. Curieusement, ce tout petit et bref encrage a été douloureux !

 

 

 

Quelques mois plus tard, Sophie s’est fait tatouer le pied.

Elle voulait un rameau de cerisier en fleurs. « Avec 7 fleurs…« ,   » 7, c’est mon chiffre... »

Son artiste-tatoueuse habituelle le lui a tellement bien placé que, quelles que soient les chaussures de belle saison, le tatouage est toujours visible. Julie, sa tatoueuse, a dessiné et encré en 45 mn. Aucune douleur. Sophie en est particulièrement contente.

 

Sophie dit qu’il y aura sûrement un autre tatouage, ou d’autres. Elle préfère les « petites pièces » aux grands tatouages. Elle reste fidèle à sa tatoueuse qu’elle apprécie beaucoup pour son travail et sa sympathie.

Ce qui est étonnant avec Sophie, c’est qu’elle n’a pratiquement jamais éprouvé de douleur pendant ses encrages. Et aussi qu’elle fait ce qu’il lui plait, quand ça lui plait -en tattoo ! Ses tatouages sont « réfléchis » et une fois qu’elle a décidé, elle ne se pose plus de questions. Elle ne regrette rien.

« Un conseil ? Ne pas se faire tatouer le prénom de son chéri du moment et même du mari ! »