JÉRÉMY

ONE NINE NINE

A 19-20 ans Jérémy a voulu un tatouage. « J’en ressentais le besoin, je voulais que quelque chose soit ancré/encré en moi, tellement c’était dans mon cœur. J’avais besoin de limite souffrir pour que ce soit gravé sur moi à vie.

Ma Yam 50

Quand j’étais plus jeune, que j’avais ma petite 50, en enduro j’allais dans les chemins de temps en temps. J’ai découvert le Free style. Et en même temps TRAVIS PASTRANA qui porte le n° 199 depuis toujours. [J’informe Jérémy que je ne connais pas Travis Pastrana] C’est un peu notre Sébastien Loeb ! A la base c’est un crossman, puis il est passé au freestyle. Il a fait le record du double saut périlleux arrière en moto.

A cette époque-là, j’étais un peu « fou-fou », je pensais « waouh, c’est un malade ! il a fait des records, des trucs de ouf ».

Avec ma bécane, je faisais un peu comme lui, pas à son niveau bien sûr. Je tapais des sauts, j’allais sur les terrains de cross…

J’ai ressenti le besoin de me faire tatouer ce numéro parce qu’outre le freestyler, il y aussi la personne derrière que j’ai pu rencontrer 2 ou 3 fois, à des évènements différents, à Nice, à Lille, bref !

Donc il a pu voir mon tatouage en vrai. J’ai vu Travis le regarder, Il m’a dit 2-3 phrases, en gros qu’il ne pensait pas voir un mec aussi passionné que moi ici, ça lui a fait vachement plaisir. Je m’en rappellerai toute ma vie ! J’ai la photo dans le téléphone, je peux mourir tranquille, j’ai rencontré mon idole, en fait !

Je me suis fait faire le tatouage à Poitiers. Bras droit, bras gauche, cela n’avait pas vraiment d’importance, je voulais le voir, je voulais qu’il soit visible, je ne voulais pas que ce soit caché en fait. J’avais aussi pensé au travail (je travaille en restauration), j’avais demandé [à mon patron] : vous me dites de porter des chemises manches longues, est-ce que cela gêne si je relève les manches ?

Pas du tout. Des clients me demandaient -et même encore maintenant dans le restaurant où je travaille actuellement- « Vous avez fait de la prison ? il vous manque un chiffre pour la date de naissance ?… ». Certains reconnaissent. J’ai eu 2 ou 3 fois le cas : « On connaît Travis ? » Du coup, avec le client, une petite conversation s’engage. On parle de freestyle « Putain, tu t’es fait taouer ce numéro ?!? Mais c’est énorme quand même ! ». Ben oui !

La police de caractères, c’est comme celle de son maillot. Pour l’encrage, au moment du contour ça allait mais le remplissage a été douloureux. A la moitié du tatouage, le tatoueur qui me voyait tout blanc m’a dit : « tu ne veux pas aller fumer une cigarette ? ». Et je suis allé fumer, autrement je crois que je serais tombé dans les pommes. Après la cigarette, nickel, j’étais frais comme un gardon ! C’est normal le corps n’était pas habitué… Le tatouage a duré environ 2 h.

Mes proches n’ont pas tous réagi de la même façon. Mon père souhaitait que ce soit plus petit, pas aussi marquant mais il m’a dit « Tu fais ce que tu veux, tu es majeur mais moi je te conseille de faire attention pour ton travail, tu ne sais pas ce que tu vas faire dans ta vie future, fais attention ». J’en avais parlé à 2-3 amis qui ont considéré que j’étais un peu « fou-fou », sans que ça aille plus loin.

Maintenant qu’il est là, de toute façon, je ne peux plus l’enlever. J’ai le projet de continuer, peut-être cet été, parce que le freestyle m’a amené à une autre passion : les boissons énergisantes.

Je suis collectionneur de boissons énergisantes : j’achète des canettes, je les bois, je les place sur une étagère. Le vrai collectionneur devrait les garder pleines. Quand je me commande une canette américaine sur E-bay, qu’elle coûte 6 € mais qu’avec les frais de port ça fait 15, je me fais un petit plaisir, je la bois. J’en ai entre 60 et 100, de toutes les marques, par exemple Red Bull -des versions qui ne sont pas encore en France. J’ai beaucoup d’amis qui connaissent ma collection, qui m’envoient une photo « est-ce que tu l’as ? ». Quelquefois ils la prennent pour me la donner.

Comme le freestyle est lié aux boissons énergisantes  [les sponsors], en fond du 199, je vais dessiner une fresque de canettes, une Red bull, une Rockstar, etc. J’aimerais bien finir mon avant-bras en faisant tout le tour du 199. Et bien sûr en couleur, j’ai vraiment besoin de couleurs, comme ce sont des boissons énergisantes, j’ai envie que ça pète, que ce soit de l’adrénaline. Là une Red Bull, ici une Rockstar (noire), une Rockstar Cola (rouge). J’ai dessiné et je me ferai peut-être tatouer cet été. Je vais sûrement retourner chez le même tatoueur mais peu importe je sais ce que je veux et j’ai fait les dessins. Je ne sais pas comment le tatoueur va pouvoir caler les canettes -j’ai un petit bras- mais c’est sûr je le fais cette année.

Pour moi, il y a un avant et un après tatouage.

Quand tu sors de chez le tatoueur, que tu as le film plastique, que tu as souffert, tu te dis « ah oui, quand même ! ». Là tu prends conscience de ce que tu as fait, il ne faut pas le regretter, c’est à vie. Maintenant j’ai 26 ans, je regarde moins le freestyle, je suis moins passionné alors qu’à l’époque c’était du non-stop, mais ce n’est pas grave, ça restera toujours une part de moi. C’était ma jeunesse. Je me suis comparé à Travis, j’étais un peu comme lui, risque-tout. Mais j’ai eu un accident, j’ai fait un peu l’idiot étant plus jeune, je suis tombé sur le dos, j’ai eu un problème très grave de colonne vertébrale, je suis passé très près de la paralysie des jambes. Donc maintenant il est hors de question que je fasse des sauts (je voulais m’acheter une Suzuki RM). Les médecins m’ont dit que je pouvais faire de la moto routière mais ils m’ont interdit d’aller « dans les chemins »…

Jérémy a un autre tatouage à connotation amoureuse -sans prénom-, c’est une petite phrase de 3 mots en haut du dos, il complétera ce tattoo par un logo car la phrase peut être destinée à n’importe quoi et à n’importe qui 😉 !