Jade

21 ans

Toute petite, déjà…

« J’ai grandi dans le milieu du tatouage. Mes deux parents sont très tatoués et le meilleur ami de ma mère est un des meilleurs tatoueurs au monde, il est d’une famille de tatoueurs, c’est  :

FILIP LEU !

A 5 ans, je voulais me faire tatouer 2 roses ! Normal j’allais souvent dans le shop de Filip…

Je connais bien Filip, sa femme Titine, même encore le papa, Félix, qui a tatoué ma maman. Ma mère a passé son adolescence dans la famille LEU. Ils me connaissent depuis que je suis née.

L’impatiente

J’ai eu mon 1er tatouage à 16 ans (fait en cachette) : c’est une ancre marine que j’ai fait faire sur la hanche. C’était le symbole un peu pin-up, j’aimais bien. C’est un endroit qui se cachait facilement. J’avais un ami apprenti tatoueur qui avait besoin de s’entraîner. Il habitait à côté de mon lycée. Ma maman m’avait dit « à partir de 17 ans ». C’était long d’attendre un an mais j’ai eu l’occasion et j’ai voulu essayer. En même temps, le même jour, j’ai fait un tout petit papillon sur la cheville.

Je voulais un tatouage pour l’esthétisme, pour moi. A la base, je trouve que le tatouage est une forme d’art, c’est beau, ça me plaît. En plus pouvoir raconter quelque chose, je trouve ça très beau. Il n’y a pas vraiment de raison du pourquoi du comment, j’aime ça depuis petite, je suis là-dedans, c’est une passion.

Une pure connerie !

Puis juste avant mes 17 ans, j’ai fait -sur un coup de tête- une petite écriture sur les côtes. Je l’ai beaucoup regretté par la suite. C’était idéologique [ce ne sera pas mentionné]. J’étais influençable à cette période, j’ai fréquenté des personnes pas très fréquentables. Bien que le tatouage soit caché, je ne me mettais plus en maillot de bain, je ne voulais plus le voir. Ça a été une pure connerie ! J’ai fini par le faire recouvrir.

Souffrir pour être belle…

La grande fleur japonaise que j’ai dans le dos c’est le beau-frère de Filip, Mathieu, qui l’a faite. Elle a recouvert mon inscription détestée, au passage. Mais elle n’est pas encore finie.

Il m’avait demandé ce que je voulais pour recouvrir le petit tatouage insupportable. Je lui avais envoyé la photo. Je lui ai dit « le plus petit, que ça recouvre, et le plus gros, que ça me couvre toutes les côtes ».

Il m’avait fait un superbe dessin avec trois fleurs et un crâne au milieu. Ça me représente bien :  les fleurs c’est le côté tout doux, le crâne c’est le côté plus dur. Ce dessin était très esthétique.

Il a mis moins de 2 h. Ce tatouage a été fait au Mondial du tatouage à Paris. J’ai eu mal ! Il y aura encore deux fleurs qui vont recouvrir toutes les côtes. Mais j’ai vraiment souffert, j’avais fait plusieurs heures de train juste avant, il y avait beaucoup de gens, et l’encrage en moins de deux heures a été vraiment douloureux.

Je vais bientôt le terminer.

Pour LUI

Le 3e tatouage c’est celui que j’ai sur la cuisse. Je cherchais un emplacement assez grand, pas forcément visible pour le travail. J’aurais pu le faire dans le dos, ça ne se serait pas vu. Mais j’ai besoin de le voir.

C’est la carpe japonaise que j’avais dessinée bien avant mes 18 ans. A 18 ans j’ai eu un peu d’argent pour mon anniversaire, j’ai pris un rendez-vous et j’ai fait le tatouage au mois d’avril (je suis de janvier). J’aime l’irezumi, le tatouage japonais, Je le trouve très beau et la signification est importante. Quand la carpe remonte le courant, qu’elle arrive dans l’antre du dragon, elle devient elle-même un dragon, ça représente la force. Mon père a une carpe sur une épaule et sur l’autre un dragon. A ce moment-là il était très malade, en pleine chimio, et d’un côté c’est pour lui. Cette carpe je l’ai faite par rapport à lui.

Un monde meilleur ?

Et puis il y a la signification du cadre. La carpe est sensée remonter le courant et rentrer dans le cadre. Un peu comme dans Alice au pays des merveilles, passer de l’autre côté du miroir, c’est une nouvelle vie, l’entrée dans un monde meilleur.

Je l’ai fait faire par un tatoueur qui avait son salon à côté du lycée. Je ne voulais pas attendre. J’aurais pu attendre un petit peu plus et le faire faire par Filip. De toute façon, il va me le retoucher.

Douleurs ?

Les petits tatouages ne m’ont pas fait souffrir car ils ont été faits très rapidement. La zone sur le ventre j’ai rigolé, ça me chatouillait.

Pour la cuisse, les premières séances se sont bien passées (le tatoueur pensait le faire en 2 séances de 6 h). Au final j’ai fait une dizaine de séances, et il ne l’a pas encore terminé, il manque des couleurs (il ne m’a fait payer que 2 séances). Il avait sous-estimé le travail, la carpe devait faire 23 cm et en fait elle en fait 32 : le motif devait prendre toute la cuisse, c’était plus joli. A certains rendez-vous, j’étais malade donc plus sensible à la douleur. Même chose par les fortes chaleurs d’été. J’ai eu mal, surtout quand l’encrage s’est rapproché du genou. J’ai eu l’impression de coups de marteau sur mon genou, la jambe partait en l’air toute seule (effet réflexe).

Une suite

Une fois que j’aurai fini le motif dans le dos, j’aimerais bien le faire remonter. J’en ai un de prévu pour l’épaule, ça fait bien 4 ans que j’ai le dessin (fait par une amie qui aimerait devenir tatoueuse). C’est pour l’esthétique, il est très beau. J’attends pour des raisons financières.

Si j’avais les moyens, j’aurais déjà tout le corps tatoué !

Tout en laissant les avant-bras, le cou, le décolleté, le visage sans tatouages. Je suis raisonnable ! Professionnellement, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Il faut pouvoir être habillé sans que l’on voie les tatouages.

Depuis que je suis tatouée, je me sens mieux. Je me trouve plus jolie, c’est pour moi-même. » 🙂