Cécile

Cécile

Cécile

27 ans

 

MALHEUR DOULEURS

Mon premier tatouage date de juin 2019. C’est un peu un coup de tête qui fait suite au décès de quelqu’un de très proche de moi.

Un matin je me suis levée, j’ai dessiné quelque chose. Je suis allée voir un tatoueur et j’ai dit « Voilà je veux ça ».

Avec du recul, dès que je le vois, ça me fait penser à lui. Mais je n’ai pas besoin du tatouage pour me souvenir… Quand je prends ma douche, comme il est situé sur les côtes, « je me le reprends de plein fouet ». À l’avenir, je me le ferai peut-être recouvrir, toujours dans le but d’évoluer. Quand je ferai ça, je n’oublierai pas pourquoi je l’ai. Ce sera toujours en rapport avec lui.

C’est un tatouage « douleur ». J’étais très mal et j’avais besoin de souffrir un peu physiquement. Sur les côtes, ça m’a fait vraiment très mal. L’encrage a duré 30 minutes. Souffrir pour souffrir…

Le désespoir...
Le désespoir...
arbre

 

UNE LONGUE RÉFLEXION

Mon deuxième tatouage est mûrement réfléchi : j’y pense depuis sept ans, voire plus. JE VOULAIS UN ARBRE.

Si j’avais su dessiner, je l’aurais fait il y a quelques années déjà. J’ai développé une passion « arbres » depuis mes 15 ou 16 ans et donc pourquoi ne pas faire « graver » cette passion sur ma peau.

Je n’osais pas passer à l’acte et franchir le cap. Mais ce malheur a surgi. Je me suis réveillé un matin sauf qu’il n’y avait pas « l’arbre » sur mon corps, alors que j’avais l’autre.

L’ARBRE, L’ESSENCE DE LA VIE, DE MA VIE

Faire un tatouage, c’est de « l’art sur peau » qui fait partie de nous. Le symbole de l’arbre me parle : j’ai la bague, le collier, la chaîne de cheville. L’arbre est pour moi l’essence de la vie. C’est l’ANCRAGE.

Les arbres étaient là avant nous, ils seront là après nous. Un arbre ça évolue, ça supporte énormément de choses, c’est de la force, avec des racines qui s’ancrent profondément.

Donc pour moi, c’était vraiment un arbre. Un arbre avec quatre branches, quatre membres de ma famille. Malheureusement, depuis ce qui m’est arrivé, j’ai évolué : faire que ce moment de ma vie apparaisse dans le tatouage.

ARBRE

LA TATOUEUSE

Ce qui est compliqué quand tu ne sais pas dessiner, c’est trouver un tatoueur à qui faire confiance, à qui expliquer ton projet, qui va le mettre sur feuille, à qui tu vas oser dire « Ben non, là ça ne me plaît pas, » « là ça ne me plaît pas, parce que c’est quand même à vie. » On y pense, on ne veut pas regretter ! Chaque tatouage fait partie de nous et évoque une histoire…

Cette tatoueuse, je l’avais vue sur les réseaux sociaux. Une connaissance s’est fait tatouer tout le bras par cette personne et j’ai vu que c’était très fin. Je me suis dit « ça me plaît ». Je lui ai écrit, on a discuté et j’ai senti qu’elle était intéressée par le projet.

J’ai expliqué ce que je voulais, j’ai expliqué la situation, je lui ai montré des photos sur Instagram, d’arbres sans racines, je lui ai dit « quatre branches dont une avec moins de feuilles ».

Elle l’a dessiné, me l’a envoyé. J’étais retournée la voir : « Ça il faudrait peut-être le changer ». Elle m’avait renvoyé la photo. « Ça ne me plaît encore pas, faudrait changer comme ci, comme ça… ». Jusqu’au dessin final reproduit sur mon dos. Quoique sur le dessin le tronc n’était pas totalement fini. Elle me l’avait fait « circulaire », les branches un peu féériques, mais ça c’est pas moi. Moi je voulais quelque chose de plus « écorce » ! Comme celle d’un chêne.

 

 

 

L’ARBRE AUX QUATRE BRANCHES

 

Ça a duré 3 heures pour tout le tatouage. J’ai commencé à avoir très mal quand elle a fait les feuilles, la dernière heure. Elle avait encré tronc et branches mais elle a repassé sur certains endroits pour faire les feuilles, je l’ai senti…

Au niveau douleur, c’était « gentil » au début, puis au fil du tatouage ça commençait à brûler de plus en plus. On a bien discuté. J’ai parlé de mon histoire, elle m’a parlé de la sienne.

Maintenant il est terminé, il finit en arc de cercle parce que je ne sais pas ce qui va m’arriver demain. Je veux pouvoir le faire évoluer, ajouter des choses. Le jour où j’aurai des enfants, peut-être que j’inscrirai des nouveaux tracés avec les racines.

EFFETS TATOUAGE

 

Tout le monde a trouvé le tatouage très beau. Mon entourage proche le comprend bien. Une branche qui perd ses feuilles et huit oiseaux qui s’envolent vers le ciel. Mais les « autres » voient juste un arbre…

On ne va pas se mentir, il y a aussi un effet esthétique et moi mes tatouages ne se voient pas -sauf quand je porte des débardeurs… et j’en porte souvent ! Je suis un petit peu frustrée de ne pas pouvoir voir mon arbre étant donné l’endroit où il est situé. Mais il est là.

Je me dis que je suis au bout de mon projet.

 

JE L’AI FAIT ! ET C’EST BIEN…

 

Angeline

Angeline

Angeline

Calligraphie arabe, crâne à la rose

 

JE VEUX LA PIQURE !

 

« A 15 ans, je pensais déjà à un tatouage. Quand je voyais des gens tatoués, je trouvais ça très beau, et le fait que ce ne soit pas éphémère me plaisait, le fait d’avoir quelque chose qui soit encré en soi.

Je connaissais des amis de mes parents qui étaient tatoués, des trucs qui étaient faits à l’armée par exemple.

Savoir ce que faisait la piqure m’attirait.

 

 

La première fois…

J’ai attendu d’avoir 28 ans, et des enfants ; toutes ces années avant de me faire tatouer parce que je n’étais pas sûre de ce que je voulais. Je suis patiente !

A 28 ans donc, je suis passée à l’acte.  Le premier motif, dans mon dos, représente mon prénom en calligraphie arabe et les initiales de mes 3 enfants.

Et le M qui clôture un peu le dessin, c’est l’initiale du prénom de mon EX-mari – Chose qu’il ne faut jamais faire !

 

Calligraphie arabe

Pendant des vacances, sur un marché, j’avais vu un gars qui faisait de la calligraphie arabe. Je lui ai demandé mon prénom en arabe, j’ai trouvé ça magnifique.

Quand mes enfants sont nés, j’ai pensé qu’il fallait que je fasse un tatouage en rapport avec eux  : Eva, Loris, Louca. C’est le tatoueur qui me l’a dessiné, je lui avais apporté les 3 initiales, je lui ai demandé de me faire un « placard », je ne voulais pas un tout petit tatouage. Quand il me l’a présenté, la première fois, j’ai dit « oui c’est ça ». C’est un tatoueur du coin qui me l’a fait.

Pourquoi dans le dos ? Parce que je voulais qu’il soit un peu discret et vu sa taille, je ne pouvais vraiment pas le mettre ailleurs.

Je ne le vois pas mais je sais qu’il est là !

AÏE, AÏE, AÏE !

La séance a duré 4 h 30. Tout a été encré en une fois sinon je savais que je ne reviendrais pas. J’ai eu MAL ! J’ai serré très très fort les dents.

Oui… Bof !

Les réactions des proches ? Mes parents n’ont pas super bien réagi, ils n’aiment pas tout ce qui est tatouage, piercing, etc. Sur le coup, on m’a dit « Ah ? Ah bon tu as ça ? ». Mais bon à 28 ans, j’ai fait ce que je voulais. Maintenant ça ne dérange plus personne, même le deuxième n’a pas suscité de réactions.

Tout vieillit…

Le tatouage a un peu verdi, je pense qu’il faudrait repasser sur les lignes et de toute façon, il va être modifié par rapport au M, ça s’est sûr. Mais l’aspect financier pose un petit problème. Sinon à terme, il sera modifié ne serait-ce que par l’arrivée de Gabin.

Le crâne à la rose

Il y a 5 ans, en 2014, j’ai fait faire mon deuxième tattoo, la tête de mort avec la rose.

Ah !… C’était après mon divorce…

Petite mort

La tête de mort représentait « mon intérieur ». J’avais l’impression d’être morte à l’intérieur. Pendant cette période (qui a duré 3-4 mois), je n’étais pas en grande forme.

Mais la rose était significative, en mode « c’est pas fini, la vie continue, il va y avoir quelque chose de mieux ». J’ai quand même réussi à re-taper du pied pour dire « allez, c’est bon, c’est pas la fin de la vie non plus ! ».

Je me suis donc fait tatouer pendant cette période difficile. J’ai voulu que le crâne soit sur ma cuisse parce que je ne voulais pas qu’il se voie. Seul G. mon compagnon le voit, les enfants de temps en temps quand je suis en short. Je vais très rarement à la piscine, peu au bord de la mer et je n’aime pas être en maillot de bain.

Ce tatouage a plus de signification que celui que j’ai dans le dos. Même si ce sont mes enfants. Le crâne a été fait à un moment particulier. C’est un passage de ma vie inattendu qui m’a fait beaucoup de mal. Je ne pourrai jamais l’oublier. Le tatouage m’a permis de passer l’étape, de changer de cap.

SIX HEURES !

L’encrage a duré 6 heures ! On a fait pas mal de pauses.

En 5 ans les lignes fines ont un peu épaissi. J’étais prévenue, le tatoueur m’avait dit « ça va baver ». Même si je l’ai super protégé (crème, vêtement couvrant en été), ça a bavé. Mais je l’aime toujours autant !

Tatouages : intimes ?

Le crâne, Je n’aime pas le montrer ! je n’aime pas qu’on pose des questions à son propos.

Quant à l’autre, ça ne me gêne pas qu’on le voie ou qu’on l’aperçoive, quand je suis en débardeur par exemple.

Fière !

Je suis fière d’avoir ces tatouages qui sont quand même des belles pièces. Pour mon tatouage du dos, ce que j’aime voir dans le regard des gens, c’est que, au premier abord, ils ne savent pas du tout ce que c’est.

La douleur…

La douleur du deuxième tatouage m’a permis de surmonter une autre douleur. JE SUIS FORTE !

J’ai changé…

Grâce aux tatouages, je suis plus sûre de moi. Le rapport entre de l’encre dans la peau et le fait d’être plus sûre de soi m’échappe complétement mais c’est certain : je suis plus sûre de moi. Je me sens plus belle aussi : le tatouage que j’ai dans le dos est comme un maquillage permanent. J’aime bien porter des petites robes avec un décolleté pour montrer mon beau tatouage du dos. Pour l’autre je m’arrange pour qu’on ne le voie pas.

D’autres ?

Ouiiiiii !

Mais je ne sais pas encore quoi, je m’informe. Celui du dos sera modifié : le M sera recouvert par un petit diamant. Après, pour Gabin, mon petit dernier, je sais qu’il sera encré dans ma peau, mais comment ? et où précisément (je pense quand même au poignet), je ne sais pas.

UN MESSAGE ?

N’AYEZ PAS PEUR DU REGARD DES AUTRES

 

Jean-Marc

Jean-Marc

Jean-Marc

En hommage

Je me suis fait tatouer l’année dernière en octobre, j’avais 22 ans.

J’ai toujours voulu un tatouage, cela faisait bien 3 ans que j’y réfléchissais.

C’était vraiment pour représenter mes origines.

J’ai 4 grands-parents qui viennent de 3 pays différents : la Grèce, l’Allemagne, l’Espagne.

J’avais très envie d’en faire un pour les représenter, pour qu’ils le voient avant qu’ils partent, qu’ils décèdent.

Du côté de mon père, j’ai deux grands-parents espagnols, de l’Andalousie ; et du côté de ma mère, mon grand-père est Grec et ma grand-mère Allemande.

Quels dessins ?

Les dessins, je ne savais pas vraiment ce que je voulais. C’est ça qui m’a bloqué pendant un moment. J’ai cherché des tatoueurs dont le style me plaisait. Je leur ai dit je veux un symbole espagnol, un symbole allemand, un symbole grec, plus le petit symbole andalou de la région de Moraca, à côté d’Alméria (d’où sont mes grands-parents).

Laurent Z

J’ai cherché sur internet des tatoueurs autour de chez moi : Marseille, Aix, Montpelliers et un peu à côté. Et puis j’ai vu le site d’un tatoueur à Aix, ça m’a tout de suite plu et du coup je n’en ai même pas cherché d’autres. Son style me plaisait vraiment.

C’est Laurent Zucca ou Laurent Z, son site c’est « L’encre noire ».

Sur son site, outre ses très belles réalisations, tu peux lire ses excellents conseils concernant « l’après tatouage » notamment la cicatrisation.

Quand je lui ai dit l’idée, il m’a dit qu’il pouvait me faire une très belle pièce. J’étais encore plus content. Il m’a donné le dessin (les dessins) une semaine avant, alors que j’avais pris rendez-vous très très longtemps avant.

Une trilogie

L’aigle à deux têtes, c’était très bien. C’est pour l’Allemagne, la « Confédération germanique » de la fin du XIXe siècle (l’Empire allemand du début XIXe siècle est représenté par un aigle à une seule tête) et ça me plaisait d’avoir cette symétrie et chez mon oncle qui est Grec et Allemand, il y avait un drapeau avec cet aigle-là, ça m’avait marqué.

Où est l’indalo ?

Sans le tatouer, il a intégré l’Indalo qui est le symbole du village d’origine de mes grands-parents (on le voit souvent sur des camions espagnols). Quand j’étais petit, j’en avais un autour du cou. Je l’ai voulu dans le tatouage, mais il n’est pas tatoué, il est en pochoir inversé.

Le taureau

Pour l’Espagne, il a mis le taureau, un joli taureau bien fait. Avec un oeil particulier.

 

Quant à la Grèce, au départ, sur le dessin, il m’avait proposé une gorgone (la femme avec les serpents sur la tête). Elle était un peu dénudée, ça ne me plaisait pas trop.

Pour mon grand-père, je voyais plutôt un Zeus ou un Poséidon, comme il est pêcheur.

Il a revu sa proposition et m’a proposé Poséidon en mettant un trident sur la couronne.

Les lignes sur les motifs correspondent au style de Laurent Z. C’est quelqu’un qui fait beaucoup de mandalas avec des petits traits. Je l’ai laissé faire parce que je trouvais ça très beau.

Pourquoi ce bras-là ?

Parce que par réflexe, d’instinct, quand je disais que je voulais un tatouage, je désignais toujours ce bras-là.

En 3 h 30 !

Le tatoueur a commencé par le taureau, il l’a fait en 1h et ça ne m’a pas fait vraiment mal. Le tatouage complet a été fait en 3 h 30, sans retouches, sur mon bras gauche. J’ai eu mal la dernière demi-heure, surtout sur le triceps, c’était plutôt des sortes de brûlures.

Je l’ai montré à mes parents, à mes grands-parents. Ils étaient contents. Quelques personnes m’ont dit : « ah il est gros ! ».

J’aime vraiment ce tatouage. D’abord je le trouve beau, ensuite ça m’a peut-être donné un peu plus confiance en moi. Et puis comme il représente ma famille, j’en suis fier.

A suivre…

Je vais sans doute me faire encore tatouer. Dès que j’ai eu fini, j’ai eu l’idée du suivant. Mais ce n’est pas pour tout de suite. Je me laisse du temps…

Je continuerai sûrement le même bras. Ce sera encore un dessin qui me représentera, qui fera partie de moi… Et si je pars en voyage, s’il y a un endroit qui me plait, pourquoi pas le représenter aussi. Mais ce ne sera pas sur un « coup de tête ».

Jade

Jade

Jade

21 ans

Toute petite, déjà…

« J’ai grandi dans le milieu du tatouage. Mes deux parents sont très tatoués et le meilleur ami de ma mère est un des meilleurs tatoueurs au monde, il est d’une famille de tatoueurs, c’est  :

FILIP LEU !

A 5 ans, je voulais me faire tatouer 2 roses ! Normal j’allais souvent dans le shop de Filip…

Je connais bien Filip, sa femme Titine, même encore le papa, Félix, qui a tatoué ma maman. Ma mère a passé son adolescence dans la famille LEU. Ils me connaissent depuis que je suis née.

L’impatiente

J’ai eu mon 1er tatouage à 16 ans (fait en cachette) : c’est une ancre marine que j’ai fait faire sur la hanche. C’était le symbole un peu pin-up, j’aimais bien. C’est un endroit qui se cachait facilement. J’avais un ami apprenti tatoueur qui avait besoin de s’entraîner. Il habitait à côté de mon lycée. Ma maman m’avait dit « à partir de 17 ans ». C’était long d’attendre un an mais j’ai eu l’occasion et j’ai voulu essayer. En même temps, le même jour, j’ai fait un tout petit papillon sur la cheville.

Je voulais un tatouage pour l’esthétisme, pour moi. A la base, je trouve que le tatouage est une forme d’art, c’est beau, ça me plaît. En plus pouvoir raconter quelque chose, je trouve ça très beau. Il n’y a pas vraiment de raison du pourquoi du comment, j’aime ça depuis petite, je suis là-dedans, c’est une passion.

Une pure connerie !

Puis juste avant mes 17 ans, j’ai fait -sur un coup de tête- une petite écriture sur les côtes. Je l’ai beaucoup regretté par la suite. C’était idéologique [ce ne sera pas mentionné]. J’étais influençable à cette période, j’ai fréquenté des personnes pas très fréquentables. Bien que le tatouage soit caché, je ne me mettais plus en maillot de bain, je ne voulais plus le voir. Ça a été une pure connerie ! J’ai fini par le faire recouvrir.

Souffrir pour être belle…

La grande fleur japonaise que j’ai dans le dos c’est le beau-frère de Filip, Mathieu, qui l’a faite. Elle a recouvert mon inscription détestée, au passage. Mais elle n’est pas encore finie.

Il m’avait demandé ce que je voulais pour recouvrir le petit tatouage insupportable. Je lui avais envoyé la photo. Je lui ai dit « le plus petit, que ça recouvre, et le plus gros, que ça me couvre toutes les côtes ».

Il m’avait fait un superbe dessin avec trois fleurs et un crâne au milieu. Ça me représente bien :  les fleurs c’est le côté tout doux, le crâne c’est le côté plus dur. Ce dessin était très esthétique.

Il a mis moins de 2 h. Ce tatouage a été fait au Mondial du tatouage à Paris. J’ai eu mal ! Il y aura encore deux fleurs qui vont recouvrir toutes les côtes. Mais j’ai vraiment souffert, j’avais fait plusieurs heures de train juste avant, il y avait beaucoup de gens, et l’encrage en moins de deux heures a été vraiment douloureux.

Je vais bientôt le terminer.

Pour LUI

Le 3e tatouage c’est celui que j’ai sur la cuisse. Je cherchais un emplacement assez grand, pas forcément visible pour le travail. J’aurais pu le faire dans le dos, ça ne se serait pas vu. Mais j’ai besoin de le voir.

C’est la carpe japonaise que j’avais dessinée bien avant mes 18 ans. A 18 ans j’ai eu un peu d’argent pour mon anniversaire, j’ai pris un rendez-vous et j’ai fait le tatouage au mois d’avril (je suis de janvier). J’aime l’irezumi, le tatouage japonais, Je le trouve très beau et la signification est importante. Quand la carpe remonte le courant, qu’elle arrive dans l’antre du dragon, elle devient elle-même un dragon, ça représente la force. Mon père a une carpe sur une épaule et sur l’autre un dragon. A ce moment-là il était très malade, en pleine chimio, et d’un côté c’est pour lui. Cette carpe je l’ai faite par rapport à lui.

Un monde meilleur ?

Et puis il y a la signification du cadre. La carpe est sensée remonter le courant et rentrer dans le cadre. Un peu comme dans Alice au pays des merveilles, passer de l’autre côté du miroir, c’est une nouvelle vie, l’entrée dans un monde meilleur.

Je l’ai fait faire par un tatoueur qui avait son salon à côté du lycée. Je ne voulais pas attendre. J’aurais pu attendre un petit peu plus et le faire faire par Filip. De toute façon, il va me le retoucher.

Douleurs ?

Les petits tatouages ne m’ont pas fait souffrir car ils ont été faits très rapidement. La zone sur le ventre j’ai rigolé, ça me chatouillait.

Pour la cuisse, les premières séances se sont bien passées (le tatoueur pensait le faire en 2 séances de 6 h). Au final j’ai fait une dizaine de séances, et il ne l’a pas encore terminé, il manque des couleurs (il ne m’a fait payer que 2 séances). Il avait sous-estimé le travail, la carpe devait faire 23 cm et en fait elle en fait 32 : le motif devait prendre toute la cuisse, c’était plus joli. A certains rendez-vous, j’étais malade donc plus sensible à la douleur. Même chose par les fortes chaleurs d’été. J’ai eu mal, surtout quand l’encrage s’est rapproché du genou. J’ai eu l’impression de coups de marteau sur mon genou, la jambe partait en l’air toute seule (effet réflexe).

Une suite

Une fois que j’aurai fini le motif dans le dos, j’aimerais bien le faire remonter. J’en ai un de prévu pour l’épaule, ça fait bien 4 ans que j’ai le dessin (fait par une amie qui aimerait devenir tatoueuse). C’est pour l’esthétique, il est très beau. J’attends pour des raisons financières.

Si j’avais les moyens, j’aurais déjà tout le corps tatoué !

Tout en laissant les avant-bras, le cou, le décolleté, le visage sans tatouages. Je suis raisonnable ! Professionnellement, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Il faut pouvoir être habillé sans que l’on voie les tatouages.

Depuis que je suis tatouée, je me sens mieux. Je me trouve plus jolie, c’est pour moi-même. » 🙂

Jérémy 199

Jérémy 199

JÉRÉMY

ONE NINE NINE

A 19-20 ans Jérémy a voulu un tatouage. « J’en ressentais le besoin, je voulais que quelque chose soit ancré/encré en moi, tellement c’était dans mon cœur. J’avais besoin de limite souffrir pour que ce soit gravé sur moi à vie.

Ma Yam 50

Quand j’étais plus jeune, que j’avais ma petite 50, en enduro j’allais dans les chemins de temps en temps. J’ai découvert le Free style. Et en même temps TRAVIS PASTRANA qui porte le n° 199 depuis toujours. [J’informe Jérémy que je ne connais pas Travis Pastrana] C’est un peu notre Sébastien Loeb ! A la base c’est un crossman, puis il est passé au freestyle. Il a fait le record du double saut périlleux arrière en moto.

A cette époque-là, j’étais un peu « fou-fou », je pensais « waouh, c’est un malade ! il a fait des records, des trucs de ouf ».

Avec ma bécane, je faisais un peu comme lui, pas à son niveau bien sûr. Je tapais des sauts, j’allais sur les terrains de cross…

J’ai ressenti le besoin de me faire tatouer ce numéro parce qu’outre le freestyler, il y aussi la personne derrière que j’ai pu rencontrer 2 ou 3 fois, à des évènements différents, à Nice, à Lille, bref !

Donc il a pu voir mon tatouage en vrai. J’ai vu Travis le regarder, Il m’a dit 2-3 phrases, en gros qu’il ne pensait pas voir un mec aussi passionné que moi ici, ça lui a fait vachement plaisir. Je m’en rappellerai toute ma vie ! J’ai la photo dans le téléphone, je peux mourir tranquille, j’ai rencontré mon idole, en fait !

Je me suis fait faire le tatouage à Poitiers. Bras droit, bras gauche, cela n’avait pas vraiment d’importance, je voulais le voir, je voulais qu’il soit visible, je ne voulais pas que ce soit caché en fait. J’avais aussi pensé au travail (je travaille en restauration), j’avais demandé [à mon patron] : vous me dites de porter des chemises manches longues, est-ce que cela gêne si je relève les manches ?

Pas du tout. Des clients me demandaient -et même encore maintenant dans le restaurant où je travaille actuellement- « Vous avez fait de la prison ? il vous manque un chiffre pour la date de naissance ?… ». Certains reconnaissent. J’ai eu 2 ou 3 fois le cas : « On connaît Travis ? » Du coup, avec le client, une petite conversation s’engage. On parle de freestyle « Putain, tu t’es fait taouer ce numéro ?!? Mais c’est énorme quand même ! ». Ben oui !

La police de caractères, c’est comme celle de son maillot. Pour l’encrage, au moment du contour ça allait mais le remplissage a été douloureux. A la moitié du tatouage, le tatoueur qui me voyait tout blanc m’a dit : « tu ne veux pas aller fumer une cigarette ? ». Et je suis allé fumer, autrement je crois que je serais tombé dans les pommes. Après la cigarette, nickel, j’étais frais comme un gardon ! C’est normal le corps n’était pas habitué… Le tatouage a duré environ 2 h.

Mes proches n’ont pas tous réagi de la même façon. Mon père souhaitait que ce soit plus petit, pas aussi marquant mais il m’a dit « Tu fais ce que tu veux, tu es majeur mais moi je te conseille de faire attention pour ton travail, tu ne sais pas ce que tu vas faire dans ta vie future, fais attention ». J’en avais parlé à 2-3 amis qui ont considéré que j’étais un peu « fou-fou », sans que ça aille plus loin.

Maintenant qu’il est là, de toute façon, je ne peux plus l’enlever. J’ai le projet de continuer, peut-être cet été, parce que le freestyle m’a amené à une autre passion : les boissons énergisantes.

Je suis collectionneur de boissons énergisantes : j’achète des canettes, je les bois, je les place sur une étagère. Le vrai collectionneur devrait les garder pleines. Quand je me commande une canette américaine sur E-bay, qu’elle coûte 6 € mais qu’avec les frais de port ça fait 15, je me fais un petit plaisir, je la bois. J’en ai entre 60 et 100, de toutes les marques, par exemple Red Bull -des versions qui ne sont pas encore en France. J’ai beaucoup d’amis qui connaissent ma collection, qui m’envoient une photo « est-ce que tu l’as ? ». Quelquefois ils la prennent pour me la donner.

Comme le freestyle est lié aux boissons énergisantes  [les sponsors], en fond du 199, je vais dessiner une fresque de canettes, une Red bull, une Rockstar, etc. J’aimerais bien finir mon avant-bras en faisant tout le tour du 199. Et bien sûr en couleur, j’ai vraiment besoin de couleurs, comme ce sont des boissons énergisantes, j’ai envie que ça pète, que ce soit de l’adrénaline. Là une Red Bull, ici une Rockstar (noire), une Rockstar Cola (rouge). J’ai dessiné et je me ferai peut-être tatouer cet été. Je vais sûrement retourner chez le même tatoueur mais peu importe je sais ce que je veux et j’ai fait les dessins. Je ne sais pas comment le tatoueur va pouvoir caler les canettes -j’ai un petit bras- mais c’est sûr je le fais cette année.

Pour moi, il y a un avant et un après tatouage.

Quand tu sors de chez le tatoueur, que tu as le film plastique, que tu as souffert, tu te dis « ah oui, quand même ! ». Là tu prends conscience de ce que tu as fait, il ne faut pas le regretter, c’est à vie. Maintenant j’ai 26 ans, je regarde moins le freestyle, je suis moins passionné alors qu’à l’époque c’était du non-stop, mais ce n’est pas grave, ça restera toujours une part de moi. C’était ma jeunesse. Je me suis comparé à Travis, j’étais un peu comme lui, risque-tout. Mais j’ai eu un accident, j’ai fait un peu l’idiot étant plus jeune, je suis tombé sur le dos, j’ai eu un problème très grave de colonne vertébrale, je suis passé très près de la paralysie des jambes. Donc maintenant il est hors de question que je fasse des sauts (je voulais m’acheter une Suzuki RM). Les médecins m’ont dit que je pouvais faire de la moto routière mais ils m’ont interdit d’aller « dans les chemins »…

Jérémy a un autre tatouage à connotation amoureuse -sans prénom-, c’est une petite phrase de 3 mots en haut du dos, il complétera ce tattoo par un logo car la phrase peut être destinée à n’importe quoi et à n’importe qui 😉 !